Abbaye de Cadouin

Fac-similé du Saint Suaire

Etoffe de lin et de soie, 290 x 133 cm

Conservé en tant que relique pendant de nombreux siècles dans l’Abbaye de Cadouin et régulièrement exposé, le suaire est devenu très fragile. 

Le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques a recommandé sa mise en réserve et son remplacement sur le lieu d’exposition par un fac-similé. Dans le cadre d’un programme de recherche de l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud Alsace et en partenariat avec des entreprises spécialisées, nous avons mis au point une méthode permettant de réaliser un tel fac-similé textile.

Le Suaire est une étoffe probablement d’origine égyptienne, puisque les bandes de soies tissées présentent des caractères coufiques qui permettent de la dater du 11ème siècle. Si les circonstances de son arrivée dans l’abbaye cistercienne ne sont pas parfaitement définies, il y est mentionné pour la première fois en 1214. Dès lors il attire la foule des pélerins en route vers Saint Jacques de Compostelle et fait la notoriété du monastère. Les ostentions durent jusqu’en 1934, date à laquelle il est désacralisé.

Détail des bandes tissées en soies colorées

Reconstitution d’étoffes

Etoffes médiévales

Suite à la demande d’une costumière spécialisée dans la reconstitution de vêtements médiévaux, nous nous sommes penchés sur la problématique des étoffes du Moyen-âge. En effet, s’il est relativement simple de reconstruire des patrons d’habits, il est par contre plus difficile d’avoir accès à des tissus qui correspondent un tant soit peu à l’iconographie de cette époque.

A partir de document reproduisant des étoffes historiques, nous avons recréé des motifs médiévaux. A l’aide des technologies numériques, il nous a été possible de simuler de telles étoffes et de les imprimer en «trompe- l’oeil» sur des supports actuels.

Musée de l’Impression, Mulhouse

Reconstitution d'un corsage et d'une robe Second Empire

Le Musée de l’Impression Sur Etoffes de Mulhouse a présenté en 2010 une exposition «Rêve de cachemire, cachemires de rêves» consacrée au châle imprimé alsacien.

Lors de la préparation de l’exposition a été découverte une pièce rare et singulière, l’empreinte sur papier d’un patron de paletot imprimé à disposition. Bien qu’en bon état, l’ensemble daté de 1865 est extrêmement fragilisé.

Il a donc été envisagé de reconstituer ce vêtement. Nous avons numérisé le patron puis effectué un «nettoyage» numérique du document en ôtant toutes les traces interférant avec le motif. L’ensemble a été imprimé sur une imprimante textile à jet d’encre puis confectionné.

Abbaye de Conques

Fac-similés des étoffes du Trésor de Conques

Plusieurs pièces de soieries façonnées ont été trouvées dans le chef-reliquaire de Sainte Foy de l’Abbaye de Conques. Ces étoffes ont longtemps été exposées dans les vitrines du Trésor et se sont rapidement détériorées.

A la demande du Laboratoire de Recherches des Monuments Historiques et dans le cadre d’un programme de recherche de l’ENSISA, nous avons mis au point une méthode permettant de réaliser des fac-similés textiles de ces pièces. Les étoffes ont été numérisées sur un scanner grand format puis imprimées grâce à une imprimante textile à jet d’encre sur des supports appropriés. Le rendu des couleurs et les textures peu contrastées des objets ont rendu la tâche particulièrement complexe.

Collégiale d’Estavayer

Fac-similés des bannières de processions

Le Musée de La paroisse Saint-Laurent possède plusieurs bannières de procession ornées de médaillons qui ont été peints fin 18ème siècle. Utilisées régulièrement lors de cérémonies en plein air et quelles que soient les conditions météorologiques, elles ont beaucoup souffert.

A l’initiative de la restauratrice, il a été proposé de réaliser des fac-similés textiles qui pourraient être utilisés sans restriction, pendant que les originaux seraient conservés dans des conditions adéquates.

Les fac-similés des médaillons ont été réalisés avec une épaisse toile de coton, puis recouverts de vernis protecteur, ceci afin de protèger l’étoffe et de rendre au mieux l’aspect brillant de l’oeuvre peinte.

Toile de Jouy à personnages

Reproduction d'une toile du 19ème siècle

Les toiles imprimées en camaïeux de rouge et représentant diverses scènes à personnages ont fait la renommée des manufactures françaises du 18ème siècle et plus particulièrement de la Manufacture de Jouy-en-Josas, dont elles tirent leur nom.

L’impression des toiles était réalisée grâce à des plaques de cuivre gravées ce qui permettait d’obtenir une extrême finesse de trait. Si le style des toiles de Jouy a abondamment été repris les siècles suivants, leur finesse n’a plus pu être égalée avec les outils modernes. Ce n’est que depuis l’avènement de l’impression numérique textile qu’on peut à nouveau reproduire ces toiles avec toute leur précision et leur finesse de motif.

Cette toile qui représente Télémarque racontant ses aventures à Calypso entourée de nymphes, date de 1790. Elle fait partie d’une collection particulière et a été reproduite à la demande de son propriétaire.

 

 

 

 

Collection Pictet, Genève

Oeuvre de Meret Oppenheim

Reconstitution de l'étoffe de la jupe de la statue

Cette oeuvre est l'une des rares statues de Meret Oppenheim présentant du tissu. Malheureusement la matière synthétique de ce tissu se désintègre rapidement. Nous avons par conséquent réalisé un fac-similé de cette étoffe afin de confectionner une nouvelle jupe permettant ainsi d'exposer la statue sans risquer d'abimer l'étoffe originale.

La reconstitution de l'étoffe a été complexe car il ne subsistait pas de rapport entier de l'étoffe. Grâce à des logiciels professionnels textiles, il nous a néanmoins été possible de reconstruire l'étoffe, comme un puzzle,  à partir des fragments restants.

MUCEM, Marseille

Fac-similé de la couverture de cheval de la Saint Eloi

La couverture de cheval était utilisée lors des fêtes de la Saint Eloi dans le sud de la France. Elle est constituée d’une étoffe de laine richement brodée, bordée d’un galon et de franges métalliques. L’ensemble est extrêmement fragilisé et il n’était par conséquent pas possible de l’exposer dans cet état. Comme le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerrannée souhaitait la présenter lors d’expositions, il a été envisagé de réaliser un fac-similé de la couverture en partenariat avec l’ENSISA. 

La couverture a donc été reproduite sur une étoffe solide puis doublée et l’ensemble a pu être inséré dans le harnachement original de la selle du cheval. L’ensemble ainsi présenté en volume donne une idée précise de l’utilisation de la couverture.